Appel à candidatures – Impact des contraintes phonologiques sur le développement langagier des personnes porteuses du syndrome de Williams

Dans le cadre du projet ANR SOUNDS, financé par l’ANR, nous proposons une allocation doctorale à compter du 1er octobre 2021. Le projet s’intéresse à « L’impact des contraintes phonologiques sur le développement langagier des personnes porteuses d’un syndrome de Williams ».

La thèse sera réalisée au sein de l’unité de recherche CRP-CPO (UR UPJV 7273), à l’université de Picardie Jules Verne.
Le travail sera encadré par Laure Ibernon, maître de conférences HDR à l’UPJV, et co-encadré par Steve Majerus, directeur de recherche à l’université de Liège, Belgique.

Date limite de candidature : 14 juin 2021.

Plus d’informations ci-dessous.

Bien cordialement,
Laure Ibernon

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Impact des contraintes phonologiques sur le développement langagier des personnes porteuses du syndrome de Williams (SOUNDS)

Etablissement : Université de Picardie Jules Verne
École doctorale : Sciences Humaines et Sociales
Spécialité : Psychologie spécialité psychologie du développement
Unité de recherche : CRP-CPO Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme et Organisations
Encadrement de la thèse : Laure IBERNON
Co-Encadrant : Steve MAJERUS (université de Liège)

Financement : du 01-10-2021 au 31-09-2024
Origine des fonds : ANR
Employeur : ANR et UPJV
Début de la thèse : le 1 octobre 2021
Date limite de candidature : 14 juin 2021
Audition par l’ED SHS : 7 et 8 juillet 2021

Mots clés
Syndrome de Williams, syndrome de down, hyperacousie, mémoire phonologique à court terme, développement langagier.

Profil et compétences recherchées
Le candidat devra disposer de solides connaissances en psychologie du développement et avoir un master 2 dans ce domaine.
Une connaissance de la déficience intellectuelle ou du développement langagier sera appréciée.
La maîtrise (orale et écrite) de l’anglais et des outils statistiques est requise.

Résumé du projet de thèse
Le SW est un trouble neurodéveloppemental d’origine génétique dont les principales caractéristiques sont : une DI moyenne à modérée, un profil cognitif hétérogène (Pezzino et al., 2017), un comportement social atypique et une sensibilité particulière aux bruits communément appelée hyperacousie. Le profil si particulier des personnes avec SW est probablement, en partie du moins, imputable à des caractéristiques intrinsèques à la pathologie : l’hyperacousie entraînerait une MPCT de bon niveau qui, couplée à leur hypersociabilité, permettrait une mise en place d’aptitudes langagières correctes.

Contexte
L’hyperacousie pourrait jouer un rôle crucial dans le développement langagier en permettant aux individus avec SW de plus s’appuyer sur la MPCT comparativement à des enfants au développement typique (DT) (Majerus, Barisnikov, Vuillemin, Poncelet, & van der Linden, 2003 ; Robinson, Mervis, & Robinson, 2003). Cette hypothèse n’ayant jusqu’à présent pas été explorée, notre objectif est d’étudier un possible effet de l’hyperacousie sur le développement langagier des personnes porteuses du SW. Nous émettons l’hypothèse selon laquelle l’hyperacousie pourrait accroître l’attrait pour les aspects phonologiques du langage et ainsi aboutir à un haut niveau de MPCT. Afin de tester notre hypothèse, nous utiliserons une méthodologie novatrice incluant des mesures physiologiques (Electroencéphalographie/EEG – spectroscopie dans l’infrarouge proche/NIRS) testées dans les études de Mahmoudzadeh et al.’s (2013) et Mahmoudzadeh, Wallois, Kongolo, Goudjil, and Dehaene-Lambertz’s (2017) couplées à des évaluations cognitives (épreuves standardisées et tâches expérimentales originales, Ibernon et al., 2018 ; Pochon, Touchet, & Ibernon, 2017; Pochon & Declercq, 2014). Nous avons choisi de comparer les performances d’individus avec SW à celles de participants avec SD qui présentent généralement le profil inverse : des troubles auditifs et un déficit de la MPCT associés à de piètres aptitudes langagières.
Les résultats attendus visent à apporter de nouvelles connaissances quant au profil cognitif de patients avec SW et avec SD ainsi que de caractériser la trajectoire de développement de ces derniers en référence au développement typique. En effet, des recherches récentes démontrent que les relations entre les différents systèmes langagiers (e.g., phonologie versus sémantique) jouent un rôle crucial dans le développement langagier typique et atypique (Labrell et al., 2014). Ainsi, notre étude permettra à la fois d’apporter une meilleure connaissance de l’impact de l’hyperacousie sur le développement des habiletés langagières ainsi que de nouvelles données sur le phénotype de patients avec SW et avec SD. Le SW étant une anomalie génétique rare, les recherches antérieures ne sont menées que sur peu de participants. Nous proposons donc de rendre les données collectées publiques afin de permettre leur réutilisation dans des études ultérieures et de fait d’encourager la mise en place d’études collaboratives pouvant inclure un plus grand nombre de participants.

Précision sur l’encadrement
Chaque année, un suivi d’avancement des recherches a lieu entre le doctorant et son directeur de thèse (et co-encadrants). Pour pouvoir soutenir le doctorat doit avoir soumis au moins un article et validé 10 crédits ECTS pour les formations de l’EDSHS. Les pré-requis sont cités explicitement dans le règlement intérieur de l’ED pouvant être consulté sur le site de l’ED.
Le projet SOUNDS est un Projet de Recherche Collaborative (PRC) qui regroupe 7 partenaires parmi lesquels : 3 équipes du domaine des SHS, 1 équipe du domaine de la santé, un Centre de Référence Maladies Rares, 2 équipes belges. Treize enseignants-chercheurs et praticiens hospitaliers participent au projet, auxquels s’ajouteront 5 personnels non-permanents, dans un projet prévu sur 48 mois. Le projet est divisé en 4 axes de travail (Work Packages – WP) dans lesquels le doctorant interviendra.

Conditions scientifiques matérielles (conditions de sécurité spécifiques) et financières du projet de recherches
Le projet s’inscrit dans le thème 1 du CRP-CPO : Cognition, Communication, Apprentissage.
Ce projet est financé par l’ANR.
Le CRP-CPO met à disposition des doctorants un poste de travail informatique et permet l’accès à un certain nombre de logiciels informatiques de traitement des données (R studio, Jamovi, etc.)

Objectifs de valorisation des travaux de recherche du doctorant : diffusion, publication et confidentialité, droit à la propriété intellectuelle.
cf. PROCEDURES CRP-CPO – Procédures relatives à la communication: – ‘Les membres titulaires, associés et doctorants notifient leur affiliation complète à l’unité de recherche (UR UPJV 7273 CRP-CPO, UPJV, Amiens, France) pour toutes leurs publications et communications.’ Les logos de l’Université et du CRP-CPO doivent être apposés pour toutes communications internes ou externes. – Suivi des publications (ACL, ouvrages et chapitres) mis à jour 2 fois par an (janvier et juillet) : les références de publications acceptées sont envoyées par les titulaires, associés ou doctorants (1er auteur) à direction.crpcpo@u-picardie.fr avec le lien de la publication (pdf) au fil de l’eau de la période concernée pour incrémenter la liste. Les publications doivent être déposées sur le serveur HAL(hZps://hal.archives-ouvertes.fr/) pour valorisation et accès facilité aux articles.
– Procédures de diffusion : afin d’annoncer un événement (colloque, séminaire) concernant le CRP-CPO, merci de compléter le Template (adresse lien) en précisant la date de mise en ligne souhaitée. Les annonces doivent être envoyées à l’adresse : nabila.terchani@u-picardie.fr au minimum 15 jours AVANT la date de l’événement. – Ethique de publication : ordre des auteurs / implication dans la recherche, le 1er auteur est le rédacteur principal, les co-auteurs ont pris part de façon significative à la recherche, le dernier auteur est responsable de la recherche. Le doctorant est obligatoirement associé aux publications tirées de ses travaux, même s’il n’est pas le rédacteur principal. A l’inverse, le(s) directeur(s) sont associés aux publications issues du travail de doctorant, sur l’ensemble des travaux de sa thèse. L’ensemble des auteurs doit valider la version de la publication avant soumission. Dans le cadre des travaux de doctorant, le directeur doit être l’auteur correspondant.

Références bibliographiques
. Ibernon, L., Touchet, C., & Pochon, R. (2018). Emotion Recognition as a Real Strength in Williams Syndrome: Evidence from a Dynamic Nonverbal Task. Frontiers in Psychology, 9(463). https://doi.org/10.3389/fpsyg.2018.00463
. Labrell, F., van Geert, P., Declercq, C., Baltazart, V., Caillies, S., Olivier, M., & Le Sourn-
. Bissaoui, S. (2014). ‘Speaking volumes’: A longitudinal study of lexical and grammatical growth between 17 and 42 months. First Language, 34(2), 97–124.
https://doi.org/10.1177/0142723714526573
. Majerus, S, Barisnikov, K., Vuillemin, I., Poncelet, M., & van der Linden, M. (2003). An investigation of verbal short-term memory and phonological processing in four children with Williams syndrome. Neurocase, 9(5), 390–401.
https://doi.org/10.1076/neur.9.5.390.16558
. Mahmoudzadeh, M., Dehaene-Lambertz, G., Fournier, M., Kongolo, G., Goudjil, S., Dubois, J., … Wallois, F. (2013). Syllabic discrimination in premature human infants prior to complete formation of cortical layers. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 110(12), 4846–4851.
https://doi.org/10.1073/pnas.1212220110
. Mahmoudzadeh, M., Wallois, F., Kongolo, G., Goudjil, S., & Dehaene-Lambertz, G. (2017). Functional maps at the onset of auditory inputs in very early preterm human neonates. Cerebral Cortex, 27(4), 2500–2512. https://doi.org/10.1093/cercor/bhw103
. Pezzino, A.-S., Marec-Breton, N., & Lacroix, A. (2017). Neuropsychological Profile of People with Williams Syndrome (WS). In Williams Syndrome: Features, Management and Research (C.A. Morri). New York: Édition Nova Publisher.
. Pochon, R., Touchet, C., & Ibernon, L. (2017). Emotion recognition in adolescents with down syndrome: A nonverbal approach. Brain Sciences, 7(6).
https://doi.org/10.3390/brainsci7060055
. Pochon, R., & Declercq, C. (2014). Emotional Lexicon Understanding and Emotion Recognition: A Longitudinal Study in Children with Down Syndrome. Journal of Developmental and Physical Disabilities, 26(5), 549–563.
https://doi.org/10.1007/s10882-014-9380-6
. Robinson, B. F., Mervis, C. B., & Robinson, B. W. (2003). The roles of verbal short-term memory and working memory in the acquisition of grammar by children with Williams syndrome. Developmental Neuropsychology, 23(1–2), 13–31.
https://doi.org/10.1080/87565641.2003.9651885

Modalités de candidature
Les candidat.es intéressé.es doivent envoyer leur dossier de candidature avant le 14 juin 2021 par mail à Laure Ibernon (laure.ibernon@u-picardie.fr).
Le dossier de candidature doit inclure :
– Un CV
– Les notes du master 1 et du master 2 (S3 et S4 si disponibles, sinon lettres de soutien de l’encadrant de mémoire et du responsable de master)
– Un résumé du mémoire de recherche de master
– Une copie du dernier diplôme obtenu (master si ce dernier est déjà soutenu)
– Une lettre de motivation
– Une lettre de recommandation

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