Profil clinique et profil du sommeil chez les enfants atteints de troubles spécifiques de l’apprentissage, d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, ou des deux : une étude rétrospective multicentrique

Clinical and sleep profile of children with specific learning disorders, attention deficit hyperactivity disorder, or both: a retrospective multicenter study

Lioret J, Comajuan M, Plancoulaine S, Gerard D, Gauld C, Thieux M, Beck N, Denechere É, Franco P, Guyon A. Clinical and sleep profile of children with specific learning disorders, attention deficit hyperactivity disorder, or both: a retrospective multicenter study. Sleep Med. 2026 Oct;146:109107. doi: 10.1016/j.sleep.2026.109107. Epub 2026 Jul 1. PMID: 42398159.


Des troubles du sommeil sont fréquemment signalés chez les enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux (TND), en particulier le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Alors qu’environ 20 % des enfants au développement typique souffrent de troubles du sommeil, les taux de prévalence peuvent atteindre jusqu’à 86 % chez les enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux. Cependant, le sommeil chez les enfants atteints de troubles spécifiques de l’apprentissage (TSA) reste mal caractérisé. Cette étude, disponible en ligne depuis le 1er juillet 2026, visait à comparer les profils de sommeil cliniques et polysomnographiques (PSG) d’enfants atteints de troubles spécifiques de l’apprentissage, de TDAH ou présentant une comorbidité (troubles de l’apprentissage-TDAH) et se plaignant de troubles du sommeil.

Méthodes : Dans le cadre de cette étude rétrospective multicentrique, 146 enfants âgés de 6 à 18 ans [(36,3 % de filles ; âge médian = 10,7 ans), ont subi une polysomnographie dans trois centres du sommeil, recrutés entre 2015 et 2024, dans trois laboratoires du sommeil : l’Hôpital Femme Mère Enfant (Bron, France ; centre 1), la Clinique du Drapeau (Dijon, France ; centre 2) et le Cabinet de l’Aire Familiale (Bordeaux, France ; centre 3). Ils ont été classés en trois groupes : TSA (n = 60), TSA-TDAH (n = 50) et TDAH (n = 36). Le diagnostic de trouble spécifique de l’apprentissage (TSA), avec ou sans TDAH, comprenait les : dyslexie développementale, trouble de l’orthographe, dysgraphie et dyscalculie développementale. Les enfants chez lesquels un handicap intellectuel, un trouble du spectre autistique, une épilepsie ou une hypersomnie primaire (narcolepsie, syndrome de Kleine-Levin) avait été diagnostiqué ont été exclus. Les données cliniques, les troubles du sommeil, l’échelle française de somnolence adaptée aux enfants (FSSA) et les paramètres de la PSG ont été analysés à l’aide d’une régression multinomiale et de modèles mixtes.

Résultats : Au total, 38,0 % des enfants ont signalé une somnolence diurne et 39 % ont fait état de troubles de l’insomnie. Les scores FSSA (Lecendreux et al., 2011) étaient significativement plus élevés dans les groupes troubles du développement du langage(SLD) et SLD–TDAH que dans le groupe TDAH (p = 0,01), tandis que les troubles de l’insomnie étaient plus fréquents dans le groupe TDAH (58,3 % contre 26,7 %, p = 0,009). À l’examen PSG, 25 à 30 % présentaient une apnée obstructive du sommeil légère. Les groupes SLD et SLD–TDAH ont montré une plus grande fragmentation du sommeil, des indices d’éveil respiratoire plus élevés et une prévalence plus importante de mouvements périodiques pathologiques des membres par rapport au groupe TDAH. Dans les analyses multivariées, l’appartenance au groupe SLD et l’anxiété étaient indépendamment associées à des scores FSSA plus élevés.  Dans la population totale d’enfants, 38,4 % se plaignaient de somnolence, 39% d’insomnie et 13,7 % des deux types de troubles. Les enfants du groupe avec trouble des apprentissage set hyperactivité signalaient significativement plus de plaintes d’insomnie que ceux du groupe avec troubles du développement du langage (58,3 % contre 26,7 %, p = 0,009). La proportion d’enfants présentant un score pathologique était significativement plus élevée dans le groupe avec trouble du développement de la coordination que dans le groupe TDAH (50% contre 19,4 %, p = 0,01).

Conclusions : Dans cet échantillon issu d’une clinique du sommeil, les enfants atteints de troubles spécifiques de l’apprentissage présentaient une somnolence diurne subjective plus importante et une fragmentation du sommeil plus marquée, malgré moins de plaintes d’insomnie que ceux atteints de TDAH, ce qui souligne l’importance d’une évaluation systématique du sommeil dans cette population.

Lecendreux M, Gamble H, Sanchez-Garrido L, Giordanella JP, Konofal E. P03-389 – an evaluation study of the Epworth sleepiness scale adapted for children and adolescents: a tool for case finding of pediatric excessive daytime sleepiness (EDS). Eur Psychiatry 2011 Jan 1;26:1559. https://doi.org/10.1016/S0924-9338(11)