Annonce- offre stage en neuroimagerie fonctionnelle – LMC2, Paris

Marqueurs comportementaux et neuronaux des altérations de la représentation de soi chez les personnes à ultra haut risque de psychose

Université Paris Cité, Laboratoire Mémoire, Cerveau & Cognition (LMC², UR 7536)

Stage long M2 ou année de césure (janvier – juillet 2026)

Contexte scientifique

Les représentations mentales qu’un individu entretient à propos de lui-même constituent le soi narratif, un élément central de l’identité personnelle et sociale. L’effet d’autoréférence (self-reference effect) désigne un encodage neural plus profond des informations liées à une représentation mentale du soi riche sur le plan cognitif. Des travaux antérieurs ont montré que, quel que soit le type de stimulus ou la perspective adoptée, des régions cérébrales communes sont impliquées dans le traitement autoréférentiel, en particulier les structures corticales médianes souvent désignées comme le « réseau du soi ».

Les perturbations de ces représentations de soi sont au cœur des troubles psychotiques, se traduisant notamment par une difficulté à reconnaître ses propres actions et pensées. De nombreuses études ont mis en évidence des altérations des représentations de soi dans la schizophrénie (SCZ), caractérisées par un concept de soi négatif et une moindre clarté de soi – deux dimensions associées à une plus grande sévérité symptomatique. Sur le plan neuronal, ces altérations se traduisent notamment par une absence ou une réduction de l’effet d’autoréférence chez les individus atteints de schizophrénie, suggérant un dysfonctionnement du réseau cérébral impliqué dans le traitement du soi.

Cependant, ces altérations ont rarement été explorées chez les individus à très haut risque de psychose (UHR). La présente étude vise à combler cette lacune en examinant les représentations de soi et leur valence chez des individus UHR et SCZ, selon leur propre perspective et celle d’autrui, afin d’approfondir la compréhension de la cohérence et de la tonalité affective du soi narratif sur l’ensemble du spectre psychotique.

Contexte expérimental

Les participants ont réalisé une tâche de traitement sémantique autoréférentielle leur demandant d’évaluer dans quelle mesure des adjectifs (p. ex. : sincère, dynamique, égoïste) les décrivaient, selon leur propre perspective et selon celle d’autrui, sur une échelle en quatre points (1 = pas du tout ; 4 = complètement). Les données comportementales et d’imagerie cérébrale associées à cette tâche ont été recueillies auprès de 26 individus UHR (21,4 ± 0,53 ans ; 11 femmes), 19 individus atteints de SCZ (21,5 ± 0,60 ans ; 6 femmes) et 50 témoins sains (23,6 ± 0,56 ans ; 24 femmes).

Objectifs du stage

1.            Caractériser les marqueurs comportementaux de la représentation de soi chez des individus à très haut risque de psychose (UHR) et atteints de schizophrénie (SCZ).

Compétences acquises : l’étudiant·e réalisera des analyses statistiques univariées et multivariées (R Studio), incluant des ANOVA et des analyses factorielles, sur les données comportementales.

2.            Caractériser la dynamique des circuits cérébraux impliqués dans la représentation de soi chez les individus UHR et SCZ.

Compétences acquises : l’étudiant·e développera une expertise dans l’utilisation d’outils logiciels de pointe (SPM, Matlab) pour l’analyse de données d’IRM fonctionnelle (fMRI) acquises lors de tâches cognitives.

3.            Déterminer les relations entre la dynamique des circuits de la représentation de soi, les marqueurs comportementaux correspondants et les profils neuropsychologiques chez les individus UHR et SCZ.

Compétences acquises : l’étudiant·e sera initié·e à l’analyse multivariée cerveau–comportement. De plus, il·elle perfectionnera ses compétences en rédaction scientifique en contribuant à l’élaboration d’un manuscrit prêt à être soumis à publication. Il·elle apprendra à communiquer de manière claire et structurée des concepts scientifiques complexes, des méthodes de recherche, des résultats et leurs implications.

Ces objectifs d’apprentissage permettront à l’étudiant·e de contribuer de manière significative au projet, tout en développant des compétences transférables qui lui seront précieuses pour la poursuite de sa carrière académique et scientifique.

Encadrement

•             Responsables scientifiques :  Pascale Piolino (UPCite), Marie-Odile Krebs (GHU / IPNP) et Mady Roussat (KCL IoPPN)

•             Lieu : Institut de Psychologie, Université Paris Cité

•             Durée : 5 à 6 mois à temps plein (janvier – juillet 2026)

Candidature

Offre de stage long – Master 2 Psychologie cognitive / Neurosciences cognitives

Envoyer CV et lettre de motivation avant le 15 décembre 2025 à :

•             pascale.piolino@u-paris.fr

•             MO.KREBS@ghu-paris.fr

•             mady.roussat@kcl.ac.uk